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Site MATISSE
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1910 – LA DANSE 1
L’idée de danse est traitée comme un phénomène sacré
Le dessin définit les formes qui ne sont pas seulement celles de créatures humaines mais qui deviennent la cambrure, le balancement, l’élan, le geste en soi
Ce qui compte c’est le mouvement de la ligne qui est portée par les trois tons dont il semble qu’on ne puisse rien retrancher (tons plus saturés dans la deuxième version)
Pour Matisse, la ligne et la couleur doivent être libérées de tout mimétisme naturaliste
Matisse ne s’intéresse pas aux danseuses comme à des femmes, il s’intéresse au rythme qu’elles produisent ensemble
Analogie avec la ronde au centre de la “Joie de vivre”
La ronde s’inscrit exactement dans le cadre
Cet agrandissement de l’échelle des personnages magnifie la violence triomphale de cette farandole endiablée tournant de droite à gauche
L’arabesque formée par les bras des cinq danseuses et le rythme des jambes donnent son intérêt à l’oeuvre
Tout attrait extérieur est exclu: l’austérité de la couleur, l’absence presque totale de modelage, le schématisme du dessin exaltent la notion de rythme

Les lignes expriment le mouvement plus que la substance et ce qui existe de substance n’est là que pour rendre visible le mouvement

Dorgeles écrira le 1er décembre 1910 “Monsieur Henri Matisse accueille les louanges les plus déraisonnables avec la gravité d’un derviche. Nous ne tenons nullement rancune à M. Matisse de peindre à la manière de décorateurs malgaches puisque le métier est bon, mais une chose nous navre, c’est de penser que certains étrangers crédules peuvent juger l’art français d’après ces stupéfiantes productions. M. Matisse peint comme un nègre en parlant comme un mage”